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Apposition d'une plaque dédiée aux victimes de la Saint-Barthélemy

Pour honorer les victimes de la Saint-Barthélemy, Anne Hidalgo, maire de Paris, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF) ou encore Olivier Millet, historien et membre de la Société de l’histoire du protestantisme français (SHPF), ont inauguré mercredi 13 avril à Paris la première plaque dédiée à leur mémoire.

 

François Clavairoly a souhaité  que l’apposition de cette plaque revête une dimension interreligieuse et a ainsi convié à la cérémonie des représentants du catholicisme, de l’islam, du judaïsme et du bouddhisme français. « Le thème sera la cohésion sociale, souligne le pasteur. La Saint-Barthélemy fut d’abord le moment où un pays ne pouvait plus se parler à lui-même, le moment où la violence réciproque l’a emporté. »

 

Dans son ouvrage La nuit de la Saint-Barthélémy, Denis Crouzet revient sur la nuit du 24 août 1572, énigme et moment capital pour l'histoire. Au fil d'un enquête exemplaire, il observe minutieusement la reine Catherine de Médicis. Il fait ressurgir, à l'occasion du mariage de sa fille Marguerite et du prince protestant Henri de Navarre, son idéal de tolérance et ses stratégies de conciliation des factions qui, depuis 1562, entraînent le royaume de France dans des guerres civiles atroces. Il montre comment, à l'occasion de l'attentat dont est victime au sortir du Louvre l'amiral Coligny, son rêve de paix se brise tragiquement le 22 août 1572 sur une radicalisation des catholiques et des protestants. La concorde humaniste ne peut résister à une effrayante montée des tensions religieuses qui, sans doute dans la pensée d'éviter une nouvelle guerre civile, contraignent la monarchie à procéder à une exécution préventive des chefs du protestantisme militaire. Mais c'était sans compter sur l'exaltation qui porte immédiatement les catholiques parisiens au massacre de tous ceux qui, à leurs yeux, rompent l'union du royaume avec Dieu.

 

Au-delà de cet enchaînement événementiel, La nuit de la Saint-Barthélemy dévoile la façon tragique dont les femmes et les hommes en viennent parfois à défaire, dans le sang, le lien fragile qui autorise la vie en société.

 

La Croix

 

 

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