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Civiliser l'Europe
EAN : 
9782213681375
EAN numérique : 
9782213683744
Code article : 
3647245
Parution : 
07/05/2014
400pages
Format :
153 x 235 mm
Prix imprimé : 
24.00 €
Prix numérique : 
16.99 €

Civiliser l'Europe

Chaque année, pointant le faible écho rencontré par les productions françaises à l’étranger, la presse anglophone annonce la « mort de la culture française ». Face à ces interrogations lancinantes, le xviiie siècle apparaît à certains comme un âge d'or, le temps béni du « rayonnement » européen, voire universel, d’une culture française contagieuse et irrésistible. De ce phénomène, quelle manifestation plus emblématique en apparence que les troupes de comédiens qui sillonnaient l’Europe, jouant Molière en langue originale aux quatre coins du continent, de Cadix à Saint-Pétersbourg et de Stockholm à Palerme ?

Contre une lecture nostalgique et mystificatrice, Civiliser l’Europe révèle et décrit les mécanismes à l'œuvre dans la dissémination européenne du théâtre français. En s’appuyant sur les méthodes nouvelles de l’histoire transnationale, Rahul Markovits met en lumière la diversité des situations. Princes et ministres en quête de prestige politique, diplomates et chefs militaires promouvant le soft power français, chefs de troupe et comédiens à la recherche d'opportunités économiques, administrateurs napoléoniens convaincus de l'influence civilisatrice des chefs-d'œuvre de la scène française : c'est de l'action de l'ensemble de ces protagonistes qu'est constituée la matière de ce livre.

Le théâtre français n’était pas perçu dans les cours princières comme un simple divertissement ni comme le signe d’une grandeur littéraire incontestée. Représentant aux yeux des élites françaises la quintessence de la civilisation qu'elles prétendaient incarner, il devint sous leur égide, parfois pacifique, parfois brutale, l’instrument d’une tentative d'unification culturelle de l’Europe. L’« Europe française » du Siècle des lumières ne nous tend pas le miroir de notre grandeur culturelle déchue. Elle nous montre que les dominations culturelles ne sont pas massives et univoques, mais souvent relatives et toujours localisées.