Alain Bonnand

    Alain Bonnand a beaucoup fait la plonge chez son papa, mais il n’a jamais été peintre en bâtiment. On ne sait pas exactement comment il s’arrange avec elle, mais la vie lui est plutôt agréable. En ce moment, il habite Damas ; il va à la pêche au moulinet à Tartous, en train de nuit, avec sa fille Andrée ; et quand il rentre à Reims, ce n’est guère que pour y acheter un petit bien supplémentaire.

     Alain Bonnand a écrit peu de livres, mais assez pour rendre service. Il a contribué à faire des éditions Le Dilettante une maison chic bien avant l’heure (Les jambes d’Emilienne ne mènent à rien ; Martine résiste), il a offert aux éditions Grasset – gloire à Yves Berger ! – au moins un livre culte (Feu mon histoire d’amour) et il a décomplexé des petites PUF consentantes avec une œuvrette (Il faut jouir, Edith) dont, hélas, on se souviendra longtemps.

      Aux Editions Mille et une nuits, Alain Bonnand a commencé d’appauvrir son éditrice en lui laissant publier un recueil de textes, Cécile au diable, destiné à montrer aux jeunes lecteurs ce qu’on peut tenter d’écrire de beau et de terrible lorsqu’on a entre dix-sept et vingt-quatre ans. Il voudrait maintenant la ruiner tout à fait ; il termine Alexandrine, grande voyageuse à Paris, carnet de bord peu sérieux d’un écrivain exilé à Amman, puis à Damas, avec toute sa petite famille et le chat Lewis. On verra ça en 2009.