Critique, journaliste, satiriste, Fernand Divoire, né en 1883, est l'auteur, aujourd'hui tombé dans l'oubli, d'une oeuvre hétéroclite qui marqua la vie littéraire de la première moitié du xxe siècle.Après avoir commencé des études de médecine à la Faculté de Paris, il se révéla en réalité bien plus intéressé par la poésie et la littérature et s'inscrivit à la Sorbonne pour se consacrer aux lettres. Devenu journaliste, il collabore aux Entretiens idéalistes dont le premier cahier paraît en octobre 1906. En 1909, le directeur de L'Intransigeant le remarque etl'appelle à la rédaction du journal. En novembre, Divoire inaugure le « Courrier des Treize » où il affirme son talent de courriériste littéraire en observant avec malice le monde des lettres : chaque jour, il note les détails les plus curieux sur les oeuvres et leurs auteurs.En 1912, son expérience des moeurs littéraires le conduit à écrire une Introduction à l'étude de la stratégie littéraire (texte publié en 2005 aux éditions Mille et une nuits) décrivant les manies, les ruses et les faiblesses des écrivains de son temps. Auteur de nombreux livres (Roman d'un crime, 1928) et de pièces de théâtre (Le Salut à Marie, 1933), il évolue dans le petit monde des lettres et s'en fait régulièrement le représentant (il est tour à tour président de l'Association des courriéristes littéraires, vice-président de l'Association des écrivains, etc.). En 1945, on lui reproche son rôle dans la presse parisienne pendant l'Occupation. Il meurt le 18 juillet 1951 dans le plus grand dénuement.