Arrière petite-nièce d'Alphonse de Lamartine, modèle de Rodin, Valentine de Saint-Point, née Anna Jeanne Valentine Marianne Desglans de Cessiat-Vercel en 1875, débuta comme poétesse et romancière, puis entendit, pour imposer une image moderne de la femme, révolutionner le théâtre et la danse, comme en témoignent ses nombreux manifestes.Initiée à la peinture avec Mucha, tandis que George de Porto-Riche l'introduit dans les salons littéraires parisiens, cette femme d'avant-garde, devient en quelques années un personnage incontournable de la société artistique et littéraire du début du siècle. Maîtresse de Ricciotto Canudo, invitée à rejoindre le futurisme par Marinetti, elle se lance dans l'action en optant pour une totale émancipation érotique de la femme : selon elle, « il faut faire de la luxure une oeuvre d'art ».Après 1914, elle crée une nouvelle forme chorégraphique, la « métachorie ». Le Tout-Paris se presse dans l'atelier de la rue de Tourville pour assister aux représentations de cette femme au parfum de scandale.Saluée comme novatrice, Valentine de Saint-Point décide pourtant en 1924 d'aller mener son combat en Égypte où, sous le nom de Rawihiya Nour-el-Dine (« zélatrice de la lumière divine »), elle prend fait et cause pour le monde musulman contre l'impérialisme européen. Elle consacre la fin de sa vie à l'étude des religions et à la méditation et décède au Caire en 1953.Les Éditions Mille et une nuits ont publié en 2005 Manifeste de la femme futuriste.