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Le guêpier corse

De lassassinat du préfet Erignac à l'arrestation du préfet Bonnet

Pascal Irastorza

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Mardi 20 avril 1999, une heure du matin : sous un ciel bas, la plage de Cala d'Orzu est déserte. Deux gendarmes arrosent d'essence la paillote Chez Francis. Deux autres font le guet. Le cinquième les attend sur les hauteurs de ce petit coin de paradis corse.
Ici commence une affaire d'Etat.
Elle mène rapidement cinq gendarmes, un colonel commandant de légion, un directeur de cabinet du préfet, et bientôt le préfet de région en personne derrière les barreaux.
Cinq jours plus tard, à Matignon, Lionel Jospin découvre l'ampleur du drame annoncé. Le Premier ministre comprend qu'il faut tailler dans le vif au rythme de l'enquête. Sans pitié, par crainte de voir resurgir les vieux démons de la "cellule élyséenne" en place sous François Mitterrand.
Jean-Pierre Chevènement avait vu dans le préfet Bernard Bonnet "l'homme qu'il faut là où il faut". Quatorze mois plus tard, l'action visant à purger vingt ans de gabegie en Corse ne se révèle-t-elle pas pire que le mal ?
L'arrestation des assassins du préfet Claude Erignac a permis de gommer partiellement cette énorme bavure d'Etat. Mais Bernard Bonnet n'entend pas renoncer aux coups de théâtre qui ont rythmé son gouvernorat. Il ne cesse de promettre des révélations sur la "guerre des polices" et sur les chausse-trapes tendues pour entraver son action pendant ses quatorze mois de présence en Corse.