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Carnets corses, Tome IV

François Bustillo

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« Dans la seconde moitié de juillet, après les confirmations d’adultes, je pars en mission dans les villages : Poggio-di-Venaco, Speluncato, Cargiaca, Grosseto, Sartène, Prunelli-di-Casacconi, Vezzani, Bonifacio. Partout on retrouve la ferveur populaire, le désir de se rassembler pour fêter le saint patron et l’unité du village […]. Dans un temps de confusion et de division, l’Église a le devoir de rassembler et ces moments de communion sont nécessaires. »
« Le 25 juillet, à Moltifao, village d’environ 740 habitants, la confrérie San Quilicu est installée. Elle rassemble une soixantaine de membres, dont beaucoup de jeunes très actifs. Dans ces terres du centre de la Corse, où les activités ecclésiales sont rares, c’est une bénédiction. […] On ne s’engage pas pour faire partie d’un club, mais pour donner vie au village. Le but n’est pas de multiplier les confréries, ce n’est pas une mode. Mais là où c’est opportun, elles peuvent devenir un ciment, unir et soutenir les familles. »
« La fête du pardon d’Assise a son poids pastoral et spirituel. L’indulgence plénière du Pardon d’Assise peut être obtenue chaque année le 2 août. Cette fête fut accordée en 1216 par le pape Honorius III, à la demande de saint François. […] La fête du pardon nous apprend l’importance de se purifier, de revoir sa propre vie en toute transparence. Elle nous apprend la confiance. Dieu pardonne, Dieu répare la vie, Dieu relance notre vie pour qu’elle soit libre. »
« Ces quatre saisons m’ont appris une fois encore combien le ministère d’un évêque est fait de déplacements et de rencontres. Je vais d’une église à une autre, d’une ville à un village, d’une célébration à une visite. Je prépare ce que j’ai à dire ; pourtant, je reviens souvent avec le sentiment d’avoir surtout reçu. Une personne m’a raconté son enfance. Une autre m’a parlé de sa mère. Un jeune m’a confié ses doutes. Des parents m’ont présenté leur enfant. Ailleurs, quelqu’un m’a simplement demandé de prier pour lui. Ces demandes m’accompagnent bien après mon départ. »